Accompagnement et professionnalisation des métiers : le savoir-faire Corsair

Marie CHRISTOPHE
19/04/2017 | 1830 mots | TRANSPORT AÉRIEN
Accompagnement et professionnalisation des métiers : le savoir-faire Corsair © Isabelle Mergey, Responsable Développement des Ressources Humaines de Corsair.

Née « Corse Air International» en 1981, la compagnie avait laissé de côté ses nom, logo et caravelles à l’occasion de son intégration dix ans plus tard au sein de Nouvelles Frontières. Ainsi entrée dans la cour des grands, Corsair s’équipait de machines long-courriers et de couleurs plus évocatrices des destinations de rêve. C’est au cours des années 2000 qu’elle sera reprise par le Groupe TUI.

Avec l’inauguration de deux nouvelles liaisons Réunion/Ile Mayotte et Réunion/Madagascar en début d’année et l’ouverture début mai d’une nouvelle ligne vers Cuba, la compagnie continue son déploiement.

En poste depuis 13 ans chez Corsair, Isabelle Mergey, aujourd’hui Responsable Développement des Ressources Humaines, nous a offert un chaleureux accueil.

Quels sont les métiers pour lesquels vous recrutez ?

Nous recrutons beaucoup de mécaniciens, avec la licence mécanicien avion, donc des profils diplômés, qualifiés, certifiés. La réglementation aérienne exige de plus en plus que les tâches réalisées sur avion soient validées par un mécanicien licencié et autonome. Nos mécaniciens en interne n’ont d’ailleurs pas toujours cette qualification, parce qu’ils sont chez nous depuis 15/20 ans et que la réglementation a évolué. Nous les accompagnons donc sur plusieurs mois pour être qualifiés et répondre ainsi aux exigences actuelles.

Les ingénieurs structure sont également très difficiles à recruter. En général, nous embauchons de jeunes ingénieurs qui nous rejoignent dans le cycle du turnover « naturel ». Nous avons également un parcours de professionnalisation du métier par rapport à la mobilité interne. C’est vraiment important pour nous de privilégier la mobilité interne plutôt que le recrutement externe.

Les superviseurs des opérations aériennes sont également des postes sensibles à recruter de par l’expérience technique exigée, la réglementation requiert diplômes et expérience professionnelle. Nous utilisons donc fréquemment les supports spécialisés pour la diffusion de nos annonces dans le but de trouver ces profils.

Vous parlez de mobilité interne, y a-t-il également des possibilités de mobilité au niveau du groupe TUI ?

Oui, davantage à l’international pour les métiers aéronautiques bien sûr, mais nous mettons effectivement en place des passerelles.

Y a-t-il beaucoup de turnover au sein de vos équipes ?

Très peu chez nous. Il s’agit davantage de turnover « naturel », donc déménagement, départ à la retraite, etc… Nos salariés sont des passionnés, très spécialisés. Il fait aussi bon vivre chez Corsair, il faut le dire ! C’est une belle carte de visite que de passer par chez nous. La structure compte aujourd’hui 1100 salariés.

Quelle approche avez-vous au niveau de la formation ?

Nous avons une dynamique et une volonté de professionnalisation des métiers et d’accompagnement du salarié qui est très présente. Chez Corsair, nous considérons que c’est un aspect très important pour permettre à nos salariés d’avoir une carrière évolutive.

À quoi ressemble la formation que doivent suivre les mécaniciens ?

Il s’agit de 6 mois d’école, tout en anglais. La formation est théorique, mais aussi pratique (2 mois supplémentaires), et cette étape est effectuée sur nos avions. Il faut qu’ils valident différentes tâches pendant 3 à 5 ans et c’est seulement à l’issue de cette pratique professionnelle qu’ils ont le certificat de mécanicien avion (licence B1). Lors du recrutement, nous recherchons donc des mécaniciens possédant déjà cette licence ! Mais le cas échéant nous accompagnons nos salariés pour l’obtenir, s’ils le souhaitent. Cette année, trois mécaniciens se forment et quatre se formeront l’année prochaine. C’est un investissement personnel assez important, mais cela leur apporte une perspective professionnelle supplémentaire.

L’anglais est-il problématique pour vos équipes ?

Non, car c’est un prérequis à l’embauche !

Côté ingénieurs, constatez-vous un manque de pratique à l’embauche, au profit de la théorie ?

Pour embaucher, nous passons parfois par des contrats d’apprentissage/pro, surtout sur des métiers mécaniques. Ceci permet d’intégrer la formation pratique des jeunes dans leur cursus scolaire, ce qui est particulièrement important. Pour les ingénieurs, nous les embauchons en fin d’études, mais nous n’avons pas constaté de divergences entre la formation pratique et théorique. En revanche, nous sommes vraiment favorables aux contrats en alternance. Aujourd’hui, nous avons une trentaine de jeunes dans l’entreprise avec ce type de contrats, dont la moitié à la direction technique.

Combien d’embauches avez-vous effectuées en 2016 ?

Une dizaine en 2016, un peu plus en 2015, pas seulement pour des métiers techniques, mais aussi pour des métiers support. En 2017 nous avons des perspectives d’embauches en CDD pour les mécaniciens.

Proposez-vous plus facilement des CDD ou CDI ?

Cela dépend, si c’est un remplacement de poste dans le cadre d’un départ, nous proposons un CDI et si nous avons un accroissement temporaire d’activité, nous allons proposer des CDD. À titre d’exemple nous avons actuellement des avions en maintenance en Chine pour la D-Check et certains mécaniciens et des ingénieurs sont partis en Chine pour superviser les opérations de maintenance, nous avons dû remplacer ces postes en interne provisoirement. Il y a aussi des demandes d’absence pour des congés individuels de formation et comme nous y sommes favorables, nous accordons dans la mesure du possible, au regard des contraintes d’exploitation et de service, le congé et remplaçons provisoirement la personne par un CDD.

Employez-vous aussi des profils atypiques issus d’autres filières ?

Dans les fonctions supports oui, mais pas dans les fonctions techniques. En général, les salariés qui interviennent sur la partie technique sont des passionnés, « tombés » dans l’aéronautique quand ils étaient petits. Cela nécessite beaucoup de théorie, de pratique et d’expérience donc je ne crois pas qu’ils soient arrivés là par hasard.

Par quels réseaux passez-vous pour recruter ?

Nous avons beaucoup de cooptation. Nous avons la chance d’avoir également beaucoup de candidatures spontanées, ce qui nourrit une base de données que nous utilisons dès qu’un poste est disponible. Grâce à la Fédération Nationale de l’Aviation Marchande, la FNAM, nous sommes aussi en contact avec les homologues d’autres compagnies, il est donc possible de faire appel à eux sur des profils particuliers.

Vous arrive-t-il également de recruter des profils de militaires en reconversion ?

Oui, sur des postes de PNT par exemple.

Quelle est la répartition hommes/femmes au sein des équipes techniques ?

Chez les pilotes il y a 4 femmes pour 123 hommes et à la maintenance aéronautique nous avons 6 femmes pour 99 hommes, dont une femme-chef d’équipe qui gère une équipe d’hommes de main de maître ! Nous regrettons qu’il y ait si peu de candidates postulantes, même si elles ont tendance à se multiplier depuis quelques années.

Participez-vous à des salons pour recruter ?

Nous nous déplaçons au salon de l’ENAC tous les ans. Nous allons essayer d’être davantage présents sur d’autres salons propices aux recrutements.

Quels sont vos objectifs 2017 à venir ?

Nous avons trois grands axes majeurs cette année : nous diversifions notre réseau dans les Caraïbes avec l’ouverture de la destination pour Cuba : le 4 mai sur La Havane et à partir du mois d’octobre pour Varadero.

Côté océan Indien, nous nous développons sur le trafic régional avec des vols La Réunion/Mayotte, La Réunion/Madagascar et nous espérons mettre en place La Réunion/Ile Maurice. Nous avons la volonté de participer ainsi au développement touristique et économique de ces iles.

Enfin, au-delà du développement de notre réseau, nous continuons d’améliorer notre produit et sommes très fiers d’annoncer l’intégration d’une nouvelle business class à bord de nos appareils. Toute notre flotte sera équipée d’ici fin décembre 2017.

Envisagez-vous des embauches dans le cadre de ces objectifs ?

C’est une répartition au niveau des services qui n’impliquera pas d’embauche en particulier. En revanche nous accompagnons et formons nos équipes navigantes pour leur apporter les compétences nécessaires dans le cadre de la montée en gamme de notre offre.

                                           La nouvelle classe business de la compagnie

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