PARIS, 30 juillet (Reuters) - Plusieurs groupes de défense français ont pressé le gouvernement cette semaine de rattraper des retards de paiements estimés à quelque deux milliards d'euros en raison d'une défaillance d'un système informatique.
Vendredi, le géant européen d'aéronautique et de défense EADS , qui publiait ses résultats semestriels, est venu s'inscrire sur une liste de fournisseurs mécontents de l'Etat qui compte déjà Safran , Thales et Dassault Aviation .
Selon plusieurs intervenants, ces retards sont attribués à la mise en place du système de paiement interministériel Chorus, lequel enregistre des difficultés depuis fin 2009.
Le 12 mai, le ministère français de la Défense s'est dit déterminé à rattraper ces retards d'ici à la fin de l'été. A cette date, quelque 3,8 milliards d'euros d'engagements avaient été acquittés depuis le 1er janvier, soit 55% de la somme versée aux industriels l'an passé à la même époque.
"Pour le secteur de la défense dans son ensemble, les retards (actuels) sont estimés à près de deux milliards d'euros", a déclaré vendredi un porte-parole du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas).
Une cellule associant deux autres organisations ont demandé au gouvernement d'agir, a-t-il ajouté.
Dassault Aviation a indiqué jeudi attendre des versements équivalents à 200 millions d'euros. Pour Safran, l'addition s'élève à quelque 270 millions.
"Nous sommes également concernés", a souligné vendredi Hans Peter Ring, directeur financier d'EADS, en marge de la présentation des comptes semestriels de la société, sans donner davantage de détails.
Un porte-parole de la Direction générale de l'armement (DGA) a rappelé que les retards du système Chorus affectaient les paiements de plusieurs ministères.
D'après le ministère du Budget, le système Chorus a été conçu par le spécialiste allemand des logiciels et progiciels SAP .
Une porte-parole de SAP s'est refusé à tout commentaire vendredi et a estimé que ce dossier devait être commenté par le gouvernement français.
(Matthias Blamont, Tim Hepher, avec la contribution de Nicola Leske, édité par Danielle Rouquié)