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Le BEA a rendu ses conclusions sur l’accident du DHC6-300 Twin Otter d’Air Moorea en 2007. Le rapport final remis par le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses le 4 décembre confirme que le crash est dû à une rupture du câble de la commande à cabrer (gouvernes de profondeur). Plusieurs facteurs ont mené à cette rupture : une usure importante, un phénomène de jet blast puis une trop forte traction sur le câble affaibli.
Le 9 août 2007, le Twin Otter d’Air Moorea immatriculé F-OIQI devait réaliser le vol régulier QE 1121 de dix-sept minutes entre Moorea et Faa’a (Papeete). Vingt personnes se trouvaient à bord : un pilote et dix-neuf passagers. Le décollage s’est déroulé normalement mais lorsque le pilote a rentré les volets et ajusté les paramètres moteurs, quelques secondes après avoir quitté le sol, il a perdu le contrôle du tangage du turbopropulseur, qui a piqué et s’est abîmé en mer à 700 mètres du rivage.
Après avoir récupéré plusieurs morceaux de l’épave, le BEA a constaté que les quatre câbles des gouvernes étaient sectionnés à l’avant de l’appareil, en raison d’une surcharge en traction. Un seul s’était également rompu à l’arrière et 8,8 mètres manquaient. Celui-ci était en acier inoxydable – tout comme l’autre câble de la commande de profondeur.
L’enquête a montré que les câbles en acier inoxydable, autorisés sur Twin Otter, étaient plus sensibles à l’usure que ceux en acier carbone, installés normalement et davantage concernés par les problèmes de corrosion. Or le programme d’inspection prescrit par De Havilland Canada est le même pour les deux types de câbles. Il est basé sur un nombre d’heures et non sur un nombre de cycles, qui est pourtant le paramètre déterminant pour l’usure. Air Moorea, inconsciente de la matière du câble, l’a donc laissé s’user plus que de raison, notamment au niveau du guide-câble.
A cela est probablement venu s’ajouter un phénomène de jet blast (souffle de réacteur) qui a provoqué la rupture de plusieurs torons composant le câble. Le turbopropulseur stationnait en effet la nuit avec les commandes bloquées. Or des Airbus A340 opèrent également sur l’aérodrome de Tahiti Faa’a. Le Twin Otter aurait pu subir le souffle des gaz d’éjection du roulage d’un quadriréacteur et ses câbles de gouverne auraient ainsi subi des contraintes très importantes.
Enfin, les efforts appliqués en vol sur la commande de profondeur ont eu raison des derniers torons : ceux-ci se sont rompus, sans qu’il ait été détecté de traces de fatigue.
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