NEW YORK, 18 mars (Reuters) - Le Pentagone envisagerait une "prolongation raisonnable" du délai de soumission des offres dans le cadre de l'appel d'offres d'avions ravitailleurs mais n'a reçu aucune demande en ce sens, a déclaré jeudi son porte-parole Bryan Whitman.
"Nous envisagerions une prolongation raisonnable des délais du cahier des charges si nécessaire", a dit Bryan Whitman à Reuters.
Un peu auparavant, Louis Gallois, le président exécutif d'EADS, jugeait que la date-butoir pour l'instant fixée au 10 mai pour ce contrat rendait "presque impossible" une candidature de son groupe, qu'il concoure seul ou avec un partenaire.
"Dans le délai actuel, je pourrais dire que c'est presque impossible", a déclaré Louis Gallois, lors d'un événement public à New York. "Dans le délai actuel, 60 jours, impossible", a-t-il ajouté, sans préciser quel délai serait adapté.
Une source proche du dossier avait déjà fait savoir vendredi dernier que les Etats-Unis pourraient repousser la date-limite pour favoriser l'émergence d'une offre d'EADS face à celle attendue de Boeing .
Northrop Grumman , l'allié américain d'EADS lors d'un précédent appel d'offres, a annoncé la semaine dernière qu'il ne présenterait pas de dossier, en expliquant que le cahier des charges avait été rédigé pour favoriser Boeing, une accusation reprise par plusieurs dirigeants européens.
Boeing est donc pour l'instant le seul candidat potentiel à ce contrat dont la première tranche est évalué à 35 milliards de dollars (25,7 milliards d'euros).
"EADS North America n'a officiellement aucun accès direct à l'administration américaine", a encore déclaré Louis Gallois. "Lorsque Northrop n'a plus voulu être candidat, nous avons dû suivre", a-t-il ajouté. "Que ressentons-nous? Une immense frustration".
Sans le marché des tankers, il se peut qu'EADS doive adopter des objectifs de performance aux Etats-Unis "moins ambitieux" d'ici à 2010 mais le groupe n'en met pas moins l'accent sur son expansion outre-Atlantique, a poursuivi Louis Gallois.
"Sans le tanker, il faudra peut-être adapter ces chiffres", a-t-il dit, précisant que dans ce cas, les nouveaux chiffres seraient annoncés dans les mois qui viennent.
Sean O'Keefe, le directeur général d'EADS North America, avait dit à Reuters la semaine dernière que le groupe de défense européen espérait toujours porter son chiffre d'affaires aux USA à 10 milliards de dollars d'ici à 2020.
(Avec Phillip Stewart à Washington et Tim Hepher à Mexico, Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand pour le service français, édité par Matthias Blamont)