ESTACA : berceau de l’ingénierie aéronautique française de demain

Marie Christophe
02/03/2017 | 1031 mots | AEROCONTACT | CARRIÈRE
ESTACA :  berceau de l’ingénierie aéronautique française de demain © Estaca

C’est un retour sur les bancs de l’école que nous avons effectué, et non des moindres. L’ESTACA, Ecole d’ingénieur spécialisée dans les transports, se classe première pour son excellence académique et ses relations entreprises et 38ème sur 168 au Palmarès Général des écoles d’ingénieurs 2017 selon l’Étudiant. La visite s’effectue dans les pas de Marc Weber, Enseignant et Responsable de la filière aéronautique.

Quelles sont les caractéristiques de l’ESTACA ?

L’Estaca fête ses 90 ans et a toujours été spécialisée dans les transports, historiquement dans l’aéronautique. Nos étudiants sont répartis sur deux sites, l’un à Laval en Mayenne et l’autre ici, à Saint-Quentin en Yvelines, en région parisienne. Notre développement s’est fait à contre-courant puisque nous avons décidé de rester une école spécialisée, quand la plupart des écoles d’ingénieurs proposent des parcours de plus en plus généralistes.

Quelles sont les conditions d’entrée l’école ?

L’entrée se fait post-bac (72% de la promotion en 2016). Ensuite nous avons les post classes prépas, les DUT, les parcours universitaires. Nous intégrons des étudiants jusqu’en quatrième année. Nous proposons également un programme intensif appelé le « SPID’ESTACA, qui permet aux jeunes bacheliers d’intégrer au cours de leur première année d’études un changement de parcours sans perdre une année. La prochaine rentrée a lieu en ars, incessamment sous peu.

Combien d’étudiants évoluent au sein de l’Ecole et quelle est la part d’étudiantes ?

Environ 2000 étudiants évoluent au sein de nos structures, dont 2/3 ici en région parisienne, et 1/3 en Mayenne. Pour le taux de féminisation, nous sommes au-delà des 10%. Notre grosse difficulté est de convaincre les familles des jeunes filles … il y a beaucoup d’images d’Epinal autour du métier d’ingénieur, surtout dans la filière automobile. En aéronautique et en espace, cela évolue positivement, ce sont les filières qui intègrent le plus de jeunes filles. Nous faisons de gros efforts : nous faisons par exemple partie de « Elles bougent ». La volonté est là, elle a toujours existé.

Combien d’entre eux composent la filière aéronautique ?

Sur la promotion 2016, 52% des diplômés appartenaient à la filière aéronautique, 33% à la filière automobile, 8% à la filière des transports urbains et ferroviaires, et enfin 7% à la filière spatiale.

Quels sont les plus des étudiants diplômés de l’ESTACA ?

Nous visons l’adaptabilité au monde de l’entreprise, c’est important pour l’employabilité de nos étudiants cela répond aux attentes de nos partenaires. Nous insistons sur les ateliers pratiques et mettons à disposition le matériel nécessaire. En sortant, nos étudiants en aéronautique savent ce qu’est un avion ! Pour cette filière, les étudiants disposent de 700 à 800 heures dédiées à l’aéro: c’est quatre fois plus qu’au sein des écoles généralistes.
L’ADN de l’école c’est un ingénieur adaptable à « quatre roues motrices ». Nous aimons dire que nos étudiants sont « tout chemin, tout terrain ». Nous sommes en lien étroit avec Dassault et l’un de nos contacts nous a dit un jour : « quand on a un sujet difficile, on le confie à l’un des ingénieurs diplômés de l’ESTACA ». C’est un des meilleurs compliments que l’on puisse nous faire …

Prévoyez-vous une ouverture à l’international au cours de la formation ?

Oui. L’une des conditions pour être diplômé est d’avoir effectué un séjour de 8 semaines minimum à l’étranger, soit sous forme de stage ou de job. Nous disposons d’une quarantaine d’universités partenaires. S’adapter à un milieu différent, à une culture, à des process, est aussi important que de parler une langue étrangère. Plus de 25% des étudiants décrochent leur premier job à l’étranger.

Proposez-vous des parcours en alternance ?

Pas encore, mais nous y songeons. Nous avons commencé un parcours de professionnalisation à Laval en cinquième année.

Avec quels types de contrat vos étudiants sont-ils essentiellement embauchés à la sortie ?

A 93% ce sont des CDI.

Avez-vous des partenariats avec d’autres écoles ?

Nous faisons partie du groupe ISAE, qui rassemble aujourd’hui également l’ENSMA et l’Ecole de l’Air, mais cela peut évoluer avec l’intégration d’autres écoles. L’objectif est de rassembler les écoles françaises dans des domaines similaires et notamment l’aéronautique, pour être à la même taille que les campus américains et disposer de budgets de recherche plus importants, d’enseignants chercheurs plus nombreux, d’échanges entre BDE etc… A titre d’exemple, nous avons un très beau projet « Euroglider », un moto-planneur école sur lequel nous travaillons actuellement. (NDLR : projet soutenu par Dassault Aviation et par l’Association Européenne pour le Développement du Vol à Voile, qui a pour but le développement d’un planeur biplace à propulsion électrique).

Quel est le taux de placement et le salaire moyen à l’embauche ?

80% de nos étudiants sont embauchés avant même d’être diplômés … Plus de 50% d’entre eux intègrent l’entreprise au sein de laquelle ils ont effectué leur stage de fin d’études. Quant au salaire, nous sommes sur une moyenne de 38KEuros à l’embauche.

Proposez-vous de la formation continue pour les professionnels déjà en activité ?

Oui, ce sont des formations courtes qui peuvent durer jusqu’à 10 jours dans tous les secteurs du transport.

Avez-vous créé de nouveaux parcours de formation en lien avec l’évolution des technologies aéronautiques ? Je pense aux drones notamment.

Pas encore, mais ce sont des évolutions que nous n’allons pas négliger.

Arrive-t-il que d’anciens étudiants reviennent enseigner chez vous ?

Oui tout à fait. En revanche nous veillons à varier les profils des intervenants pour éviter que cela ne devienne endogène. Nous avons 500 vacataires qui interviennent au sein de l’établissement. Ils apportent leur connaissance des métiers ainsi qu’une vision différente.

Propos recueillis par Marie CHRISTOPHE


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