Les forces spéciales Air s'ouvrent au monde civil

Helen Chachaty à Orléans

09/04/2018 | 814 mots | AEROCONTACT | DÉFENSE
Les forces spéciales Air s'ouvrent au monde civil © Helen Chachaty/Le Journal de l'Aviation - Tous droits réservés

Évacuations de ressortissants, libérations d'otages, reconnaissance de terrain et marquage de zones aéroportuaires, désignation d'objectifs et guidage pour les avions de chasse, autant de missions dévolues aux commandos parachutistes de l'air n°10 (CPA 10), formés pour oeuvrer sur les théâtres d'opérations extérieures.

Traditionnellement recrutés au sein des commandos parachutistes de l'air n°20 et 30, les aviateurs du CPA 10 vont bientôt accueillir dans leurs rangs des recrues issues directement du monde civil. « Le recrutement en interne ne suffit plus » et ne correspond plus aux besoins en ressources humaines, explique le général Louis Fontant, officier général des forces spécial Air. L'objectif affiché est clair : mener à bien une cinquantaine de recrutements pour étoffer les rangs du CPA 10, spécialisé dans les opérations spéciales. L'effectif actuel d'environ 240 personnels devrait à terme se monter à 290 commandos, « dès que possible », comme le souhaite le lieutenant-colonel Cyrille, actuellement commandant en second du CPA 10. Au total pour l'année à venir, ce sont 120 recrues qui devraient rejoindre l'ensemble des CPA.

« Nous ne cherchons pas de profils en particulier, les forces spéciales tirent leur richesse de leur diversité », expose le général Fontant. Parmi les qualités recherchées, l'humilité, sans laquelle « on ne progresse pas », la détermination, mais aussi « la fibre patriotique et le goût de l'aventure ». Comme le décrit le patron des FS Air, « le commando porte sa maison sur son dos, il doit être très agile, posséder des qualités sportives et savoir vivre dans l'inconfort ». Rusticité, discrétion, mais surtout, capacité à travailler en équipe, sans laquelle le commando seul n'est rien : « Ce n'est pas un métier individuel, c'est un sport d'équipe ».

Au programme des aspirants commandos, un début de parcours classique d'engagement dans l'armée : dossier de candidature, tests d'aptitudes physique et psychotechniques, visite médicale, entretien de motivation, formation militaire de base de huit semaines. Puis commence le parcours spécifique des commandos, quatre stages, d'une durée totale d'un an environ. Le stage basique « Maquis », d'une durée de cinq semaines, permet d'obtenir la qualification de fusilier de l'air ou de maître chien de l'air, afin d'assurer les missions de protection sur une base aérienne. Puis vient le stage « Matou » de trois mois, à l'issue duquel la recrue est certifiée comme fusilier parachutiste de l'air ou maître-chien parachutiste. Celui-ci permet de devenir chef d'équipe ou tireur d'élite embarqué pour les missions MASA (Mesures actives de sûreté aérienne) par exemple. Le troisième stage, au nom résolument plus guerrier (« Attila »), se déroule sur 18 semaines et transforme le fusilier en commando parachutiste de l'air et permet d'intégrer par exemple le CPA 30. Enfin, dernier stage pour atteindre le « Graal » du CPA 10 et intégrer les forces spéciales, le stage « Belouga », d'une durée de 17 semaines.

Au total, un aspirant commando parachutiste mettra environ un an et demi à intégrer le CPA 10. Si le CIRFA vise l'objectif d'avoir « trois candidatures par poste », selon un officier du centre de recrutement, le lieutenant-colonel Cyrille précise que le taux d'échec au stage Belouga est de 15 à 20%, dû essentiellement à « un manque d'humilité et de remise en question, alors qu'elle devrait être permanente, en formation, en entraînement, en opérations ».

Une fois intégrés au CPA 10, les personnels se verront proposer des spécialités additionnelles, que ce soit en tant qu'auxiliaire sanitaire ou encore JTAC (contrôleur aérien avancé). « Nous recherchons la polyvalence mais à hauteur de deux ou trois stages majeurs, pas plus », détaille le commandant en second du CPA 10. Compétence « très recherchée », le JTAC est de tous les groupes action. Ceux-ci, qui comprennent une dizaine de personnels, devraient passer de 10 à 12 à l'horizon 2020, afin d'accompagner la montée en puissance du CPA 10.


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