Airencos maitrise les risques encourus par l'industrie aéronautique

Alice Picard
02/08/2018 | 862 mots | AEROCONTACT | CARRIÈRE
Airencos maitrise les risques encourus par l'industrie aéronautique © Philippe Marceddu, Directeur Général d'Airencos

Un entretien avec Philippe Marceddu, Directeur Général d'Airencos.

Pouvez-vous nous présenter votre activité de niche très stratégique pour l’industrie aéronautique?

J’ai effectivement créé mon entreprise en 2015 suite aux besoins d’analyse des risques financiers industriels du groupe Airbus. Le groupe est en effet tributaire de ses fournisseurs et le moindre retard ou défaillance de leur part engendrent des coûts exorbitants. De plus, l’entreprise recevait de nombreuses factures de leur part sans aucun détail des services ou produits facturés. Les sommes s’élevant à plusieurs millions d’euros, il fallait répondre à ce besoin de maîtrise des coûts. Cela fait plus de 20 ans que je travaille pour le groupe Airbus. 

Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel ?

J’y ai débuté ma carrière en 1998 en tant que consultant ingénierie chez Assystem, situé à Toulouse, pour le démarrage de l’A340 après l’obtention de mon diplôme « Bureau d’études et conception produit » d’un niveau baccalauréat + 2. A l’époque, l’entreprise comptait 37 collaborateurs, contre 1300 aujourd’hui. J’étais concepteur structure et système mécanique. A 25 ans, j’ai décidé de créer ma propre entreprise en ingénierie aéronautique. En 2006, les livraisons de l’A380 ont été retardées à cause d’une problématique fournisseur. Il a fallu remettre à plat les méthodes et les procédures et j’ai été en charge de faire un audit sur les problématiques industrielles liées aux processus de production. Toutes les semaines, je visitais les différents sites basés à Hambourg, Toulouse, et Naples. Chaque jour de retard en Poste 40, lieu où l’on assemble toutes les parties de l’avion en provenance de différentes usines, coûtait un million d’euros au groupe ! Il suffisait qu’un fournisseur soit en retard pour que la jonction ne se fasse pas ! Il a fallu régler toutes les défaillances et sécuriser les processus de production.

Mes responsabilités étaient très importantes.

J’ai tout appris sur le terrain et suis considéré comme un pur « ingénieur maison ». En 2009 je suis arrivé à Saint-Nazaire pour continuer mes activités d’optimisation des performances et je suis devenu en 2012 chef de projet de la performance industrielle au sein du groupe Airbus. J’ai ensuite créé à nouveau une entreprise, Airencos, spécialisée en efficience industrielle, qui a intégré le programme du groupe comme partenaire. Nous avons donc un soutien non négligeable pour assurer notre développement et créer des emplois dans la région. L’objectif est d’embaucher 20 personnes en deux ans.

Quelles sont les qualités requises pour exercer votre métier ?

Ce métier est issu de nombreux savoir-faire en logistique, préparation, ingénierie, qualité, production, etc. J’ai exercé toutes les fonctions impliquées dans la fabrication d’avions. Je me suis formé de façon autodidacte en lisant des ouvrages d’experts et en apprenant les différentes normes.

Mon expérience sur le terrain m’a permis de comprendre les différents métiers et de gérer une centaine de personnes, fournisseurs compris. Mon métier c’est ma passion. Il m’est arrivé de travailler 38 heures d’affilée avec quelques pauses bien sûr pour suivre également les équipes de production qui travaillaient la nuit.

Quels sont vos prochains challenges ?

Nous réalisons 90% de notre chiffre d’affaires avec le groupe Airbus et je compte diversifier mon portefeuille clients. J’aime le challenge et les échanges humains. Cela me plait de faire évoluer les équipes, de les conduire vers la réussite d’un projet commun. J’en tire une véritable satisfaction personnelle de voir les gens grandir et se dépasser.  Nous travaillons également sur l’Industrie du futur avec à la clé de nouvelles innovations comme l’impression 3D, le scanner laser ou encore la rétroconception. Plein de nouveaux projets qui plaisent aux passionnés de l’aéronautique !

Propos receuillis par Alice Picard

> En savoir plus sur Airencos


Newsletter d'actualités aéronautiques

Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter d'actualité hebdomadaire !

Dans la même thématique :


L'opération de recrutement Tech Alternance revient en 2022 et ouvre ses portes
12/01/2022 | AEROCONTACT | CARRIÈRE

Pour cette nouvelle édition 2022, un salon avec un double format sera proposé : un format virtuel le 10 mai 2022, et un format en présentiel &agra...


Connaissez-vous les ambassadeurs de Safran dans les écoles ?
06/01/2022 | AEROCONTACT | CARRIÈRE

Depuis 2016, Safran a mis en place un réseau de collaborateurs appelés ambassadeurs, en charge de promouvoir l’image du Groupe auprès d&rsqu...


Safran Engineering Services est certifié Qualiopi
23/12/2021 | AEROCONTACT | CARRIÈRE

Safran Engineering Services vient d’obtenir sa certification Qualiopi. Obligatoire au 1er janvier 2022, celle-ci atteste de la qualité de son offre en ter...

Lire aussi :


Hubworkair se développe dans le reclassement en collaboration avec Airbus
06/04/2021 | LE JOURNAL DE L'AVIATION | CARRIÈRE

Avec la crise liée à la pandémie de SARS-CoV-2, les problématiques du marché de l'emploi aéronautique se sont complètement inversées en un an. Alors que le secteur recrutait en masse ...


08/10/2019 | LE JOURNAL DE L'AVIATION | CARRIÈRE

Opérationnel depuis février 2019, le Conversion Training Center (CTC) de Dassault Aviation, implanté à Bordeaux-Mérignac, vise à prendre en charge une partie de la formation des...


L'aviation générale retenue au sol par le manque de mécaniciens
03/10/2019 | LE JOURNAL DE L'AVIATION | CARRIÈRE

Si les problèmes de recrutement sont très présents dans l'industrie aéronautique et l'aviation commerciale, ils n'épargnent pas non plus l'aviation générale. La part du secteur re...