Portrait Julie Danchin, Ingénieure mécanique chez Safran Electrical & Power

Stéphanie Pansier-Larique
11/04/2019 | 1785 mots | AEROCONTACT | CARRIÈRE
Portrait Julie Danchin, Ingénieure mécanique chez Safran Electrical & Power © Julie Danchin, ingénieur mécanique chez Safran Electrical & Power

Cette semaine, nous sommes allés à la rencontre de Julie Danchin, ingénieure mécanique chez Safran Electrical & Power, leader européen des systèmes électriques aéronautiques. En effet, basée à Villaroche, cette entité du Groupe Safran s’occupe entre autres de concevoir des aéronefs « plus électriques », mais aussi des taxis volants. Entretien avec une passionnée.

« J’ai toujours été fascinée par tout ce qui vole. Et même maintenant que je sais comment ça vole, je trouve ça toujours autant magique. »

Née dans un environnement aéronautique et aérospatial, Julie Danchin est ce que l’on pourrait qualifier de passionnée de la première heure. « Fascinée depuis toujours par ce qui vole » grâce à une mère ayant longtemps travaillé pour Messier-Bugatti (aujourd’hui Safran Landing Systems), passer son enfance auprès des autres enfants de l’entreprise n’a fait que renforcer son attachement aux avions. C’est lors d’une visite à la Cité de l’Espace de Toulouse mise en place par le travail de sa mère qu’elle réalise son baptême de l’air. Depuis ce jour, c’est une certitude : Julie fera tout pour prendre le relais et travailler à son tour auprès des avions et des fusées.

Cependant, tout ne se passe pas aussi simplement. Comme beaucoup d’adolescents, Julie n’a pas d’idée précise de quel sera son avenir. « Au lycée je ne savais pas trop quoi faire de ma vie. J’étais trop petite pour devenir hôtesse de l’air, et c’est à une journée métiers formations que l’on m’a dit que ma taille posait également problème pour faire un métier auprès des avions dans l’armée, que je ne pouvais travailler que dans des bureaux. À la fin de cette journée j’étais donc toujours aussi perdue. » nous confie-t-elle.

Titulaire d’un bac ES, elle déclare qu’elle « s’ennuyait en cours dans cette filière, sauf en maths. » Julie a donc fait en sorte de reprendre un cursus scientifique une fois son bac en poche afin d’être assurée de pouvoir travailler un jour dans l’aéronautique.

« Ayant un bac ES, j’ai fait tout mon possible pour reprendre un cursus scientifique et intégrer une école d’ingénieurs. »

C’est en 2008 qu’elle retrouve les sciences qu’elle aimait tant. En effet, grâce à une remise à niveau intitulée PCS0 (Préparation au Cursus Scientifique année 0) passée via l’université d’Orsay, cette dernière intègre dès l’année suivante un DUT Mesures Physiques option structure des matériaux qu’elle valide en 2012.

Elle passe ensuite le concours pour intégrer le CNAM, une école d’ingénieurs sous convention avec l’école ISAE-Supaéro, dont les cours sont donnés en alternance. En partenariat avec le Centre de Formation des Apprentis Ingénieurs 2000, il n’est possible d’être admis qu’à condition de trouver une entreprise pour réaliser son alternance. Néanmoins, Julie peine à en trouver une qui l’accepte car « en tant que fille, et qui plus est très petite, ça n’était pas évident d’être prise au sérieux ». C’est finalement ce CFA qui lui ouvrira les portes de son école grâce à l’obtention d’un contrat d’alternance avec Airbus Innovation à Suresnes. Lors de son apprentissage dans cette entité d’Airbus, Julie est ingénieure thermicienne, travaillant au sein d’un bureau d’études sur les boîtiers électroniques.

Pourquoi avoir choisi le CNAM ? « Parce qu’en plus de permettre aux étudiants d’obtenir un diplôme d’ingénieur au sortir de l’école, il permet d’avoir à la fois un bac +5 et trois ans d’expérience professionnelle dans une entreprise aéronautique et spatiale, ce qui est un plus sur le marché du travail. » nous confie Julie, avant d’ajouter « Le fait que le CNAM soit lié à Supaéro, la meilleure école des secteurs aéronautique et aérospatial à mes yeux, était une super opportunité pour moi. Certains cours théoriques étaient donnés par des professeurs venant de Supaéro, d’autres d’Airbus et de Safran. Cela permettait de diversifier, d’avoir accès à des cours parfois moins théoriques, plus concrets, et donc d’y voir un peu plus clair. »

Durant ces 3 années, Julie déclare avoir énormément appris. « Tout ce qu’on étudiait volait, et le niveau était accessible à ceux qui possédaient un BTS ou un DUT. C’était parfait. » 

Cependant, malgré un diplôme fraîchement obtenu, Julie éprouve tout de même quelques difficultés à trouver un emploi. Après un bref passage par Nexter, Julie dégote finalement un contrat dans une entreprise qui fait appel à un prestataire quelque peu plus « aéronautique ». C’est ainsi qu’elle intègre Safran Electrical & Power. Tout d’abord en tant qu’ingénieure mécanique prestataire au sein d’un bureau d’études pendant plus de deux ans, et depuis peu embauchée en CDI au même poste.

« Chez Safran Electrical & Power, je dessine des pièces aéronautiques et participe au développement des ‘smart moteurs’. »

Julie travaille désormais au sein du bureau d’étude mécanique où elle « dessine actuellement beaucoup de pièces ainsi que la carcasse des « smart moteurs », des moteurs entièrement électriques se suffisant à eux-mêmes. En effet, « la partie moteur et la partie électronique se situent au même endroit, afin d’éviter au maximum les câbles. Ainsi, le moteur est le plus intégré possible. », explique-t-elle.

Elle nous détaille ensuite son travail au quotidien « Les ingénieurs électroniques amènent les cartes électroniques pour alimenter le moteur, pour que le moteur puisse être entièrement électrique. Mon rôle est de dessiner et d’essayer de trouver des solutions pour commercialiser ensuite le produit » témoigne Julie. « Nous réalisons beaucoup de prototypes (une dizaine par an) et en ce moment l’on nous demande qu’ils soient commercialisables, notamment parce que des avionneurs aujourd’hui veulent concevoir des taxis volants. L’objectif est donc d’en réaliser une centaine par an ».

En plus d’être conçus afin d’équiper ces projets de nouveaux appareils volants, Julie nous explique que ces moteurs électriques sont principalement créés par Safran Electrical & Power dans une démarche plus écologique. « Les roulages en avions sont énergivores, ils consomment beaucoup de kérosène. Le but avec les smart moteurs est donc d’utiliser au cours de ces phases le moteur électrique, puis de basculer vers le moteur thermique une fois l’avion en vol. De cette manière ce sera beaucoup plus écologique ».

« La division Power de Safran Electrical & Power dans laquelle j’évolue est une petite entité, à taille humaine. On se sent comme à la maison. »

Au fur et à mesure de l’entretien, Julie nous raconte tous les avantages qu’elle a découvert en intégrant cette division de Safran. « C’est une toute petite entité, à taille humaine, et avec une très bonne ambiance. » confie-t-elle, avant de poursuivre « Même si je suis la seule fille du bureau d’étude, je ne me sens jamais seule. En fait, je pense qu’on ressent tous la même chose : on se sent un peu comme à la maison. Sans mentionner qu’au quotidien on apprend énormément de choses, c’est très enrichissant. »

Aujourd’hui, Julie s’estime heureuse d’avoir été recrutée chez Safran Electrical & Power. Mais cela n’aurait pas pu se faire sans sa persévérance et sa détermination. « Si j’avais un conseil à donner, c’est de se battre pour ce que l’on veut et ne jamais cesser d’essayer, même en cas de refus. Même si cela implique de parfois y aller un peu au culot. J’avais été refusée il y a trois ans chez Safran, j’ai réessayé et j’ai réussi. »

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