« Sur un effectif de près de 1900 salariés basés sur le site de Thales Élancourt, plus de 420 postes sont cette année à pourvoir en CDI. »

Stéphanie Pansier-Larique
29/05/2019 | 2081 mots | AEROCONTACT | CARRIÈRE
« Sur un effectif de près de 1900 salariés basés sur le site de Thales Élancourt, plus de 420 postes sont cette année à pourvoir en CDI. » © Thales - Claire Samperiz, technicienne d’essais sur systèmes optronique sur le site d’Élancourt

Depuis plus de 40 ans, Thales conçoit des systèmes optroniques (NDLR. Mêlant optique et électronique) de pointe pour les forces armées, mettant un point d’honneur à répondre aux exigences opérationnelles évoluant constamment. Cette activité étant la clef de voûte de Thales Élancourt, les prévisions d’embauches pour 2019 se veulent conséquentes.

Interview de Claire Samperiz, technicienne d’essais sur systèmes optronique sur le site d’Élancourt.

Pouvez-vous présenter Thales Élancourt en quelques mots ? 

Le site de Thales Élancourt est constitué de 1900 salariés, travaillant principalement à la conception et fabrication de systèmes optroniques et électroniques de missiles. Nous assurons également différentes productions pour divers types d’équipements dont des équipements militaires (caméras, radars de missiles, nacelles de reconnaissance pour avions de chasse, etc.), qu’ils soient aériens, terrestres ou bien navals. En plus des forces armées, nous réalisons aussi pour des universités civiles des lasers de puissance détenant le record du monde de puissance pour la recherche scientifique. En bref, nous avons la chance sur Élancourt d’avoir des équipes effectuant le développement, la production, le soutien et les réparations de ces équipements sur place.

Vous êtes technicienne sur le site d’Élancourt. Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours ?

Étant détentrice d’un bac STL (Sciences et Techniques de Laboratoires) spécialité physique-optique, j’ai opté ensuite pour un BTS en optique et photonique suivi d’une licence optronique. Suite à mes études, j’ai d’abord travaillé dans le milieu médical puis j’ai commencé à m’intéresser de plus près à Thales. Je connaissais de réputation l’entreprise mais je ne pensais pas pouvoir y entrer un jour. Puis j’ai finalement tenté ma chance suite à une offre d’emploi pour être technicienne d’essais optique sur le site de Thales Élancourt, et j’ai été recrutée !

Cela fait désormais 5 ans que j’ai rejoint l’entreprise pour travailler sur des systèmes optroniques. Pendant ces 5 années j’ai pu découvrir le milieu militaire en travaillant sur la nacelle « Damocles », un équipement de reconnaissance pour avion de chasse, et depuis le mois d’avril j’ai débuté sur « Talios ». Il s’agit de la nouvelle génération de nacelle conçue par Thales destinée à prendre la succession de « Damocles »,

Quels sont les objectifs de recrutement de Thales Élancourt pour 2019 ?

Les objectifs sont sensiblement proches de ceux des trois dernières années, quoique revus à la hausse pour 2019.

En effet, notre objectif pour 2019 est de recruter plus de 420 personnes en CDI sur un effectif de 1900 salariés basés à Élancourt. Cela correspond à plus de 350 postes à pourvoir au niveau de la Business Line OME (Optronique et Électronique de Missile), le delta correspondant à des postes dits de supports.

À cela s’ajoute un besoin de plus de 50 techniciens d’essais optronique et de maintenance, les techniciens manquant en région parisienne.

Du reste, nous recrutons également 150 stagiaires, alternants, apprentis, dont les niveaux d’études varient (de bac à bac +5) mais aussi des intérimaires.

Vous recherchez donc aussi des stagiaires ou des alternants.

Absolument. Depuis plusieurs années, nous recrutons chez Thales beaucoup de jeunes, la pyramide des âges se veut donc plus jeune. En 2018, sur 372 postes pourvus, il y a eu 223 embauches en externe parmi lesquelles près de 109 ont été attribuées à des jeunes de moins de 30 ans, soit près de 50% des nouveaux venus. Parmi ceux-là, 30 % sont issus de nos anciens stagiaires et apprentis. Chez Thales, nous mettons un point d’honneur à former les jeunes que nous recrutons, stagiaires, alternants et apprentis confondus. Nous les gardons une fois les stages finis.

Quels types de profils recherchez-vous exactement ?

Nous recherchons actuellement majoritairement des profils ingénieurs car il y a chez nous beaucoup de métiers d’ingénierie systèmes tels que des architectes systèmes, développeurs de logiciels, et ingénierie électronique et optique, avec des compétences fortes en radars ou hyper fréquences. Nous recrutons également au sein des bureaux d’études.

À cela s’ajoute des besoins en techniciens d’essais et de maintenance avec un profil là aussi électronique et optique.

De plus, nous offrons des postes de monteurs et micro mécaniciens.

Concernant les 50 techniciens recrutés en CDI dont je parlais précédemment, ces derniers ne seront pas nécessairement affectés au produit « Talios », les anciens produits fabriqués par Thales étant très robustes. C’est pour cela qu’il est parfaitement possible sur le site d’Élancourt de travailler à la fois sur des produits d’anciennes générations, mais aussi sur de nouvelles technologies. Le panel d’activités possibles est très riche chez nous.

Y a-t-il chez Thales un système de parrainage ou d’accompagnement des nouvelles recrues ? 

Oui, il y a actuellement un système de tutorat. Nous affectons donc à chaque nouvelle recrue un tuteur différent de son manager qui l’accompagne pendant 6 mois dans sa prise de poste. Le tutorat permet de guider au sein de la société une personne externe au site, le sensibiliser à la vie de l’entreprise, à la formation, etc. Cela dit, nous sommes aussi en train de mettre en place sur Élancourt un système de « mentoring » afin d’accompagner et de transmettre le savoir-faire. Au vu du nombre conséquent de recrutements depuis quelques années, ce type de « mentoring » est très important.

Enfin, nous avons instauré depuis quelques années un plan de « transfert de compétences » qui consiste à transmettre sur une période de minimum 6 mois les savoirs d’un salarié partant à un nouvel arrivant. Ainsi on ne perd pas les compétences et savoir-faire des anciens employés.

Chez Thales Élancourt nous sommes au contact d’équipements de pointe très complexes et des hautes technologies, cela prend donc en moyenne près de 18 mois pour le maîtriser. Concernant le métier de technicien, même si l’on connait les taches au bout de 6 mois, nous sommes généralement autonomes et à l’aise au bout d’un an. Ce système d’accompagnement mis en place permet donc de se sentir rassuré et entier dès notre arrivée.

J’ai personnellement formé jusqu’ici trois personnes et même si cela demande beaucoup de ressources, c’est vraiment très intéressant à faire.

Vous dites que même si « un technicien a beau connaître les taches qui lui incombent au bout de 6 mois, il n’est généralement autonome qu’au bout d’un an ». Ce travail est donc particulièrement exigeant. Quelles sont justement les qualités requises pour intégrer un poste de technicien(ne) chez Thales ?

Pour ma part, je suis spécialisée dans les systèmes optroniques, un travail très pointu qui requiert forcément beaucoup d’exigences, dans les taches à effectuer mais aussi envers soi-même. Patience et exigence sont donc selon moi les deux qualités primordiales pour être technicien d’essais optronique.

Ensuite, il faut être particulièrement soigneux et consciencieux car nous travaillons dans des salles blanches, des pièces immaculées de toute poussière car pour faire bref, lasers et poussières ne vont pas de pair ! Puisque nous réalisons des réglages à 10 puissance -6 près, ces derniers se doivent d’être parfaits. En effet, nos systèmes étant employés par les forces armées sur des fronts de combats, nous n’avons pas le droit à l’erreur car la moindre erreur de l’ordre du micron pourrait entraîner de graves conséquences.

Enfin, ce n’est pas parce que l’on travaille dans la production que l’on ne fait que ça et que l’on travaille seul. Étant dépendants de toutes les pièces, nous devons travailler main dans la main avec des mécaniciens, monteurs, mais aussi avec les ingénieurs. Les produits sur lesquels nous travaillons sont très complexes, tout est donc compartimenté. Les systèmes étant ensuite encastrés les uns dans les autres, chaque partie est solidaire, tous les métiers doivent par conséquent travailler ensemble.

Savoir communiquer et travailler en équipe est de ce fait essentiel dans ce métier. Seul cela ne fonctionnerait pas !

Quel est votre quotidien en tant que technicienne d’essais optronique ?

Pour chaque produit, il y a plusieurs étapes de fabrication, de tests et de calibrations.

En ce qui me concerne, avec mon équipe nous travaillons dans une salle blanche à la production et à l’assemblage des nacelles « Damocles » ou « Talios ».

C’est un travail très complexe car la partie optique se compose de plusieurs ensembles, 7 ou 8 petits mécanismes plus précisément, sur lesquels nous devons œuvrer. Cela peut prendre de un jour à plusieurs jours pour un seul réglage car nous devons faire plusieurs fois la même manipulation afin d’être sûrs des mesures réalisées.

Nous devons ensuite « chahuter » nos produits afin qu’ils soient les plus robustes et costauds possibles.

Une fois notre tâche effectuée, le produit sort de cette salle blanche et part pour les bancs d’intégration. Cette étape sert à confirmer ce que nous avons fait lors de la première étape. Lorsqu’elle est enfin assemblée, la nacelle part subir des tests de vibration, et ainsi de suite jusqu’à être totalement validée.

Avant que nos produits soient livrables au client, il se passe environ 6 mois entre le moment où l’on commence à travailler sur le produit (production, tests et calibration) et le moment où il sort d’usine.

Nous assistons à une féminisation de beaucoup de métiers, au préalable très masculins. En ce qui vous concerne, observez-vous une évolution au sein de votre spécialité ?

De manière globale, nous voulons sur Élancourt féminiser les spécialités, c’est pour nous important. Il y a actuellement 25% de recrutements de femmes sur le site, même s’il faut avouer que dans certaines spécialités ce n’est pas très évident d’obtenir des candidatures féminines.

Dans la mienne particulièrement, nous assistons malgré tout à un changement très net. Il y a tout juste 5 ans, j’étais alors la seule femme de l’équipe, et aujourd’hui plus de 20 femmes travaillent dans l’environnement des salles blanches.

Brièvement, pourquoi vous rejoindre sur le site de Thales Élancourt ? 

Aujourd’hui je travaille sur « Talios » mais comme je vous disais plus tôt, cela faisait 5 ans que je travaillais sur « Damocles » et j’avais pourtant encore beaucoup à apprendre ! On apprend sans cesse, il n’y a jamais de routine, c’est vraiment agréable. Du reste, l’environnement y est très plaisant. Cela semble être un détail mais sur le site d’Élancourt, il y a dans notre salle blanche des fenêtres qui laisse entrer le soleil, c’est très important pour se sentir bien au quotidien dans son travail.

Quelles sont les évolutions possibles au sein de Thales ?

Chez Thales, il y a de vraies perspectives d’évolutions. Nous offrons entre autres l’opportunité aux salariés motivés d’évoluer du métier de technicien à celui d’ingénieur grâce à nos formations en interne.

Il est en fait à la fois possible de rester sur le même produit tout en évoluant, en intégrant par exemple d’autres postes, et ce notamment grâce à la mobilité en national ou à l’international, mais il y a également la possibilité de se reconvertir.

En ce qui me concerne, j’adore mon métier donc je voulais seulement changer de produit. Mais si je le souhaitais, je pourrais aller travailler à d’autres postes, tels que sur des bancs optiques, de méthodes, voire même pour d’autres essais sur le même produit, etc. grâce à cette possibilité d’évolutions en interne.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Nous souhaiter tous un tas de beaux contrats et de réussir ce fort plan de recrutements ambitieux afin de pouvoir répondre à tous nos enjeux d’affaires, de soutien et de production. Et de manière plus personnelle, de continuer à être épanouie dans mon travail et de continuer à jouer un rôle dans la passation de savoirs et connaissances. L’on se sent bien à Thales Élancourt, rejoignez-nous !

> Thales recrute!


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