Portrait d'Isabelle Desenclos, ingénieure chez Airbus Defence and Space

Stéphanie Pansier-Larique
13/06/2019 | 1465 mots | AEROCONTACT | CARRIÈRE
Portrait d'Isabelle Desenclos, ingénieure chez Airbus Defence and Space © Airbus Defence and Space

Cette semaine, nous sommes allés à la rencontre d’Isabelle Desenclos, à l’origine technicienne devenue ingénieure au sein d’Airbus Defence and Space à Toulouse.  Cette grande passionnée du ciel et de l’espace a accepté de nous dévoiler son parcours. Entretien.

« Mon travail m’amenait à tester des composants que l’on retrouve dans les satellites envoyés par les fusées Ariane IV et Ariane V. »

Fascinée durant sa jeunesse par les avions et fusées, Isabelle a su assez tôt qu’elle souhaitait travailler dans l’aérospatial. Ayant un niveau en mathématiques relativement moyen, elle opte donc pour un DUT Mesures-Physiques à l’IUT de Rouen. « Pendant mes études, en plus des stages en entreprises, nous avions à faire beaucoup de travaux pratiques en électricité et en électronique, c’était très intéressant non seulement car c’était les débuts de la programmation, mais aussi parce que certains composants étudiés en cours se retrouvaient dans des équipements technologiques. Du reste, nous travaillions souvent en laboratoires, nous permettant d’étudier de manière concrète des sujets tel que l’optique », nous confie Isabelle.

En 1990, une fois son diplôme obtenu, Isabelle se fait recruter chez Matra Espace, l’ancêtre d’Airbus Defence and Space, situé en région parisienne. Elle nous raconte avoir « été embauchée comme technicienne de laboratoire d’analyses des composants électroniques, des composants que l’on retrouve notamment dans les satellites envoyés par les fusées Ariane IV et Ariane V (qui en était alors à ses débuts). Au quotidien, j’étais chargée de tester ces composants garantis plus fiables que des composants classiques, ces derniers devant durer jusqu’à 15-20 ans au sein d’environnements plus rudes », déclare-t-elle.

Elle reste à ce poste près de quatre ans, jusqu’à sa nouvelle affectation. « Pendant les cinq années suivantes, je représentais mon entreprise lors de visites de contrôle chez les fournisseurs de Matra Espace, des entreprises basées en Europe. Ainsi, j’ai pu effectuer de nombreux voyages mais surtout voir les ateliers de fabrication des composants électroniques. C’était très enrichissant », nous dit-elle.

« J’ai pu monter tout en haut de la fusée Ariane V pour y installer le satellite avant d’être envoyé dans l’espace. C’est très émouvant de voir son travail décoller pour l’espace. »

En septembre 1999, Isabelle rejoint l’entité toulousaine de Matra Marconi Space (NRLD. Matra Espace devenu Matra Marconi Space, devient Astrium en 2000, filiale d’EADS, pour enfin devenir aujourd’hui Airbus Defence and Space), où elle est affectée au département qualité de l’AIT (Assemblage Intégration Tests) des satellites. Elle réalise là des contrôles qualités sur les instruments optiques de satellites tels que Spot 5 et Severi, un instrument pour Météosat (satellite météo) de seconde génération.

« En 2008, sur recommandation de mon manager et avec son soutien, j’ai réalisé pendant un an une VAE (validation des acquis et de l’expérience) en interne à Airbus. J’ai ainsi été reconnue ingénieure ‘maison’, par rapport aux différents postes occupés et compétences acquises au fil de ma carrière », nous explique-t-elle. Puis, ingénieure qualité au niveau AIT sur des satellites télécoms, d’observations ou scientifiques, Isabelle se charge de l’écriture des procédures afin d’effectuer des contrôles sur satellites et aide à l’amélioration des processus. « J’ai pu notamment travailler sur l’ensemble de la fabrication du satellite Gaia chez Airbus pendant cinq ans. Brièvement, ma mission incluait entre autres l’encadrement des contrôles qualité, répondre aux questions du résident de l’ESA concernant la qualité, aider le chef de projet AIT dans le respect des processus. Ayant un regard extérieur sur la mission, je pouvais de ce fait aider les opérationnels n’ayant que difficilement une vue d’ensemble » confie-t-elle. « Au cours de ces activités AIT, j’ai participé à plusieurs campagnes de lancements de satellites, ayant ainsi eu l’honneur de voir certains satellites avant la mise sous coiffe (NDLR. La coiffe est la partie située sur le sommet d’une fusée protégeant les satellites durant la traversée de l’atmosphère) » poursuit-elle. Isabelle nous confie ensuite qu’elle a également pu « monter tout en haut de la fusée Ariane V pour y installer le satellite avant d’être envoyé dans l’espace, tout comme sur Soyouz avec le satellite Gaia. C’est très émouvant de voir son travail à ce point aboutir et décoller pour l’espace ». Isabelle nous explique ensuite que « le fait de travailler en équipe avec un but commun, particulièrement lors de campagnes de lancement, est à la fois extrêmement motivant et enrichissant. Nous sommes en un sens dans le même bateau et tout le monde doit réussir pour y arriver ensemble. »

« Mes supérieurs m’ont fait confiance en me nommant responsable de projet pour la livraison de centres de contrôles pour les satellites de télécommunications. »

En 2014, Isabelle change de service pour s’occuper de la qualité sur les segments sol, (moyens qui consistent à la fois à permettre de communiquer avec les satellites une fois dans l’espace, et à récupérer les données et les images des satellites) avant d’être nommée responsable de projet. « Cela fait deux ans que je suis retournée au sein d’un service technique. Mes supérieurs m’ont fait confiance en me nommant responsable de projet pour la livraison de centres de contrôles (NDLR. Les centres de contrôles permettent d’envoyer les télécommandes aux satellites, de dialoguer et de vérifier leur état de santé) pour des satellites de télécommunications. Je fais de ce fait du management de projet, devant m’assurer que les personnes en charge délivrent l’architecture afin de pouvoir livrer à temps le produit » confie-t-elle.

À la fin de notre entretien, il ne fait plus aucun doute sur la passion qui anime Isabelle quant à son métier, nous révélant qu’elle ne s’est pour ainsi dire jamais ennuyée dans aucun de ses postes, ayant sans cesse appris de nouvelles choses. Aujourd’hui au poste de manager de projet, elle se plaît réellement dans ses nouvelles fonctions et se voit de ce fait continuer encore longtemps. « Je me plais beaucoup à mon nouveau poste, j’aimerais donc rester à l’avenir dans le management de projet mais sur d’autres composants du spatial. Il existe à vrai dire de très nombreux produits chez Airbus Defence and Space, le Groupe ne délivrant pas que des satellites, déjà très variés, mais aussi tout ce qui constitue la composante sol. En somme, il y a pleins de possibilités chez nous, c’est vraiment très intéressant. »


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