Malgré la crise, l’ISAE-SUPAERO constate une hausse du nombre de candidats

Isae Supaero

14/05/2020 | 2114 mots | AEROCONTACT | CARRIÈRE
Malgré la crise, l’ISAE-SUPAERO constate une hausse du nombre de candidats © Isae Supaero

Tandis que les enfants reprennent progressivement le chemin de l’école, la rentrée universitaire dans les établissements supérieurs est encore incertaine. A l’instar des autres grandes écoles, l’ISAE-SUPAERO envisage de repousser certaines dates de rentrée, à début septembre pour les premières années du cycle ingénieur et à octobre pour ses masters et mastères spécialisés. Si le contexte sanitaire de rentrée est encore incertain, l’Institut reste très attractif pour les étudiants, qui sont nombreux à avoir candidaté pour la rentrée prochaine et notamment pour le nouveau cursus en apprentissage.

Etat des lieux et tour d’horizon du nouveau calendrier et des mesures prises par l’ISAE-SUPAERO.

Un établissement qui a su s’adapter face à la crise et maintenir un excellent niveau de service pour tous ses étudiants 

Comme tous les établissements, l’ISAE-SUPAERO n’a pas eu de préavis lors de l’annonce en mars dernier du confinement des Français et de la fermeture des universités. En trois jours, l’Institut a dû se réorganiser pour faire basculer la plupart de ses agents en télétravail et ses enseignants et ses étudiants en télé-enseignement. Les outils informatiques déjà mis en place en amont du confinement, comme le« learning management system » pour tous les étudiants ou les outils de télétravail à temps partiel pour une partie des agents, ont servi de base pour cette bascule et ont largement fait leurs preuves durant cette période difficile. Grâce à l’implication de tous les personnels, le travail à distance a été rapidement opérationnel. D’après un sondage mené fin avril auprès des étudiants de l’Institut, 40% ont jugé que la bascule vers le télé-enseignement s’était passée sans aucun problème, 50% qu’elle s’était bien passée après résolution de quelques soucis initiaux, et 5 à 10 % rencontrent encore des soucis d’ordre technique, essentiellement liés à la qualité de leur connexion Internet. Par ailleurs le deuxième semestre d’enseignement à l’ISAE-SUPAERO comprenant essentiellement des enseignements électifs en petits groupes et des projets, il n’y a pas eu trop de difficultés à mettre en place les examens. 

L’ISAE-SUPAERO héberge toujours 250 élèves confinés dans les résidences du campus, majoritairement des étrangers. Afin de les soutenir durant cette épreuve loin de leurs familles, l’Institut a pu compter sur son restaurant qui a livré des paniers repas aux élèves dès le premier jour. En complément, un accès aux cuisines collectives des résidences étudiantes a été rendu possible. Afin de rendre le confinement moins pénible et d’éviter l’isolement individuel, les étudiants ont été incités à se rassembler en petits groupes de convivialité, chaque groupe restant confiné par rapport aux autres. 

Certains élèves dont les stages ont été repoussés ou dont les familles avaient déjà une situation précaire connaissent des soucis financiers. Afin de les aider, l’ISAE-SUPAERO a mis en place dès les premiers jours un dispositif de prêts immédiats avec le soutien de l’association des alumni, et un dispositif de secours d’urgence avec le Bureau des élèves de l’établissement. Un travail important est également réalisé par le « Career center » pour faciliter le maintien des stages. A cela s’ajoute également l’application d’une baisse du montant des loyers des résidences. 

L’Institut a également pris contact avec tous ses élèves en stage ou en formation académique à l’étranger pour les inciter à rentrer en France. Certains ont cependant fait le choix de rester sur place, quand les conditions sanitaires y étaient bien maîtrisées. 

Sur le plan de la recherche, autre activité majeure au sein de l’Institut, un accès à distance aux calculateurs scientifiques a été mis en place pour tous les chercheurs et les doctorants dès le début du confinement, ce qui a permis la poursuite de nombreux travaux. Les travaux expérimentaux, qui s’appuient sur des équipements tels que les souffleries ou les salles blanches de l’Institut, ont dû être mis en suspens. Le retour des chercheurs et des équipes techniques sur le campus va se faire progressivement après le 11 mai, dans le cadre du plan de reprise d’activité de l’Institut. Malgré ce ralentissement des projets expérimentaux, le volume d’activité de recherche et le nombre de publications scientifiques de l’ISAE-SUPAERO, qui étaient en forte croissance ces dernières années, ne devraient pas baisser en 2020. Ces recherches scientifiques se développent en particulier autour des thématiques de l’intelligence artificielle et du développement durable appliquées au domaine aérospatial, et sont essentielles pour maintenir les formations de l’Institut à la pointe mondiale. 

La volonté d’accueillir les étudiants sur le campus dès que possible, et des rentrées légèrement décalées dans ce but 

Compte tenu de la crise, le gouvernement a décidé de reporter le début des concours d’entrée en grande école de 2 mois. Pour une majorité d’écoles d’ingénieurs cela a rendu impossible d’organiser des oraux dans le calendrier prescrit. Les épreuves écrites sont quant à elles maintenues dans un respect strict des consignes de sécurité. 

De ce fait, la rentrée de la première année du cycle ingénieur est repoussée d’une semaine à début septembre. Il n’y a pas de changements de dates pour les 2ème et 3ème années. 

Les rentrées de la première année du Master of Aerospace Engineering et des mastères spécialisés sont décalées de quelques semaines à début octobre pour faciliter l’arrivée et l’installation des nombreux étudiants en provenance de l’étranger. 

L’incertitude sur les contraintes sanitaires qu’il faudra prendre en compte après l’été est forte. La formation proposée aux étudiants de l’ISAE-SUPAERO ne se limite pas aux programmes d’enseignement, elle comprend aussi une vie de campus très riche. Dans cet esprit, l’Institut fera tout son possible pour assurer la reprise des cours et de la vie étudiante sur le campus. Des dispositions sont cependant prises dès à présent pour pouvoir assurer certains enseignements à distance pour les étudiants qui auraient des difficultés à rejoindre l’école dès la rentrée. 

Pour les étudiants étrangers, plutôt que les cours à distance, l’option privilégiée reste l’accueil sur le campus, et l’Institut se prépare à organiser un dispositif de quatorzaine sur le campus pour faciliter leur accueil dans le respect des consignes sanitaires. 

Si les contraintes sanitaires se maintiennent l’année prochaine, l’ISAE-SUPAERO considère que les déplacements courts à l’étranger seront fortement réduits, mais que les déplacements longs et à forts enjeux, comme les stages de plus de 6 mois et les échanges académiques diplômants, seront très probablement maintenus (avec une quatorzaine à l’arrivée dans le pays s’il le faut). 

Malgré la crise, des inscriptions en hausse pour l’ISAE-SUPAERO et d’excellents candidats pour le nouveau cursus ingénieur par apprentissage 

L’aérospatial est l’un des secteurs les plus durement touchés par la crise économique liée au Covid-19. « Toutefois il faut faire attention à ne pas faire d’amalgames. L’aérospatial ce n’est pas que l’aviation civile, c’est aussi l’aviation militaire, la sécurité civile, le spatial qui sont des secteurs qui ne sont pas touchés par la crise. A cela s’ajoute que l’aérospatial a déjà traversé de nombreuses crises et s’en est toujours relevé. Notre responsabilité est donc de continuer à préparer son avenir, en menant des recherches et en formant des ingénieurs qui lui permettront de relever les grands défis de demain, comme la décarbonation du transport aérien ou la collaboration entre l’homme et la machine intelligente." », explique Olivier Lesbre, Directeur Général de l’ISAE-SUPAERO. 

Il poursuit : « Nous formons des ingénieurs-manageurs pluridisciplinaires, qui se distinguent d’abord par leur capacité à maîtriser des systèmes et des projets technologiques complexes, et qui peuvent mettre à profit leurs compétences dans de nombreux domaines. Ces dernières années, alors que l’aéronautique embauchait très fortement, ils étaient d’ailleurs plus d’ 1/3 à rayonner dans d’autres secteurs. Comme lors des crises aéronautiques précédentes, cette proportion va fortement augmenter cette année. ». 

En matière de recrutement étudiant, les chiffres de l’ISAE-SUPAERO ne témoignent pas d’une baisse d’intérêt des candidats pour sa formation, bien au contraire. A la date de début mai, l’Institut constate une hausse de plus de 30 % des inscriptions par rapport à l’année passée, en particulier pour les étudiants étrangers. Il n’y a donc pas à ce stade de désaffection pour le secteur aérospatial ou pour la France comme destination d’étude envisagée, même si le mois d’avril a vu cet élan se tasser, et qu’il faudra attendre septembre pour faire le bilan définitif. 

L’Institut a annoncé il y a quelques mois l’ouverture d’un nouveau cursus de formation d’ingénieur par apprentissage dans le cadre du Groupe ISAE. La crise du Covid n’est évidemment pas le meilleur moment pour ouvrir ce cursus. Cependant, le nombre et la qualité des candidats sont tels que l’Institut a décidé de poursuivre le projet. Il y a eu 15 fois plus de candidats que de places offertes. Les candidats qui ont été retenus à l’issue d’une sélection académique très sévère doivent maintenant trouver un employeur qui les embauche comme apprentis. Seuls les 30 premiers à trouver un contrat pourront intégrer la formation.


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