Pilote de ligne


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Transporter des passagers ou du fret d’un point A à un point B en toute sécurité, tel est le rôle principal d’un pilote de ligne.

Mission


Le rôle du pilote de ligne

À bord d’un avion commercial, deux pilotes sont généralement aux commandes : le commandant de bord (CDB) et l’officier pilote de ligne (OPL, aussi appelé copilote). Ils forment le personnel navigant technique (PNT). Le CDB, comme son statut l’indique, est le chef du vol. Responsable de l’appareil et des personnes qui s’y trouvent (hôtesses de l’air, stewards et passagers), c’est lui qui prend toutes les décisions administratives. En ce qui concerne l'aspect technique du vol, en cas de problème ce sont les deux pilotes qui essayent de trouver une solution ensemble, solution qui devra toutefois être validée par le CDB.

Durant le vol, le CDB n'est pas le seul habilité à prendre les commandes de l’appareil. En effet, avant le vol le CDB décide qui de lui ou de l’OPL fera le vol aller ou le vol retour. Le pilote aux commandes a le statut de PF (Pilot Flying), l’autre le statut de PNF (Pilot Non Flying). Pour des questions de sécurité, les équipages techniques des vols long-courriers de plus de 8 h 30 ou 9 h 30, selon les cas, sont renforcés par un ou deux OPL qualifiés sur l’appareil en question. Le repos obligatoire durant les vols long-courriers s’effectue à tour de rôle avec l’objectif d’avoir toujours deux pilotes qualifiés aux commandes. Ce roulement est interdit durant les phases de montée et de descente. Chez Air France par exemple, la rotation Paris-Tokyo-Paris est programmée avec un commandant de bord et deux OPL.

Avec autant de responsabilités techniques et humaines, les pilotes doivent réunir de nombreuses qualités, dont la rapidité de décision, la maitrise de soi, la sociabilité… Un bon pilote de ligne doit être capable de s’adapter en toutes circonstances.

Le métier au quotidien


Avant le vol

La mission du pilote de ligne commence près de deux heures avant chaque vol. Les PNT se réunissent pour établir le plan de vol dans la salle de briefing. Ils vérifient les cartes, la météo, calculent la distance du trajet, évaluent la quantité de carburant nécessaire pour le vol, prennent connaissance des particularités de la ligne (vol au-dessus de la mer, de montagnes…), du plan des aéroports de départ et d’arrivée… Une fois tous ces éléments de vols préparés, les deux pilotes rencontrent les autres membres d’équipage (hôtesses et stewards), pour un second briefing. Dans la plupart des vols, l’ensemble de l’équipage vole pour la première fois ensemble. L'adaptabilité est donc essentielle.
À la suite de cette dernière réunion, les pilotes se rendent à l’avion pour une inspection avant l'arrivée des passagers. Après avoir pris connaissance de l’ATL, le document commun aux pilotes et aux mécaniciens dans lequel sont consignés tous les incidents mécaniques survenus au cours de chaque vol, ainsi que tous les actes de maintenance, les PNT rentrent les données du vol dans le système de gestion des vols ou FMS (Flight Management System).

Puis, un des pilotes fait le tour de l'avion (dans le sens de l’aiguille d'une montre) pour inspecter l'extérieur de l'appareil. Lorsque tout est prêt, les deux pilotes récapitulent à voix haute les consignes de sécurité à partir d'une check-list. Après l’accueil des passagers par le personnel navigant commercial, le CDB demande à la tour de contrôle l’autorisation de quitter le poste de stationnement, rouler jusqu’à la piste, mettre en route les moteurs, puis de décoller.

Pendant le vol.

Les pilotes surveillent l'ensemble des paramètres sur le tableau de bord (vitesse, altitude, position, cap, météo, consommation, trafic...). Il est à savoir que le travail le plus important d’un pilote s’effectue au moment du décollage et de l’atterrissage de l’appareil. Les PNT n'entrent en liaison avec la tour de contrôle de l'aéroport d'arrivée qu'en fin de vol afin de connaître la piste d’atterrissage. Toutefois, ils communiquent régulièrement avec des centres de contrôles situés sur leur route par radio ou par système informatique.

Après le vol.

Les pilotes sur court, moyen et long-courrier ne réalisent pas les mêmes tâches après chaque vol. Alors que les pilotes sur des lignes régionales préparent le vol retour dès l’arrivée, ceux des vols long-courriers se reposent durant un certain nombre d’heures avant la reprise du vol retour, conformément à la règlementation de l’aviation civile européenne.
Chaque mois, un pilote sur une ligne long-courrier peut effectuer plus de 70 heures de vol. Le nombre d’heures de vol annuel pouvant varier selon la compagnie aérienne. Les horaires sont difficiles et décalés, c’est pourquoi une très bonne résistance à la fatigue et au stress, une bonne hygiène de vie et une passion pour le métier sont indispensables pour garder le cap !

Formation nécessaire


Conditions d’accès

Pour exercer le métier de pilote de ligne, il faut être en très bonne santé physique et mentale. Il est fortement recommandé aux candidats de passer la visite médicale d'aptitude avant de passer les tests de sélections. Cela permet d’éviter les mauvaises surprises. Cette visite « de précaution » peut se faire directement chez le médecin traitant l’année du concours, car les normes peuvent évoluer d’une année à l’autre. Toutefois la visite médicale d’aptitude (classe 1) obligatoire se fait au sein de centres agréés : le Centre principal d’expertise médicale du personnel navigant civil et militaire (CPEMPN) qui concerne les pilotes déjà en poste et les Centres d’expertise médicale du personnel navigant militaire et civil (CEMPN - http://www.developpement-durable.gouv.fr/Espace-medical.html#3). Il est à noter que la visite médicale de classe 1 est à repasser tous les ans.

Retrouvez les informations utiles concernant la visite médicale d’aptitude obligatoire sur le lien suivant : (http://www.developpement-durable.gouv.fr/Liste-des-medecins-agrees-par-le.html)

Voies d’accès

En France, quatre voies peuvent mener au métier de pilote de ligne.

• La filière d’État gratuite : l’École nationale de l’aviation civile (ENAC), dont l’accès se fait sur concours (tests écrits de mathématiques et de physique, tests psychologiques et psychomoteurs). Récemment, l’ENAC a ouvert un cycle préparatoire à l’ATPL (Airline Transport Pilot Licence) s’adressant à de jeunes boursiers de l’éducation nationale. Ce programme s’inscrit dans le cadre de la politique sociale de l’ENAC qui souhaite ainsi diversifier sa formation EPL, Élève Pilote de Ligne (la première promotion, ouverte en septembre 2012, a accueilli 8 élèves : http://www.journal-aviation.com/actualites/19641-le-cycle-preparatoire-atpl-de-l-enac-accueille-sa-premiere-promotion). Toutes les informations sont disponibles sur le site de l’école. www.enac.fr

• La filière privée payante : une trentaine d’écoles de formation au vol (FTO) agréées existent en France. Très onéreuse, elle coûte entre 70 000 et 80 000 euros. Ci-après, la liste des organismes de formations publics et privés agréés par la DGAC : http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/1liste_FTO_ou_ATO_avion_050413.pdf

• La filière militaire gratuite : au bout de 12 à 20 ans d’engagement (selon les cas) les pilotes de l’armée de l’air et de la Marine nationale, peuvent se reconvertir dans le civil. Depuis peu de temps, la formation des pilotes des armées se rapproche sur beaucoup de points avec la formation des pilotes civiles afin de faciliter leur reconversion.

• La filière Pilote Cadet d’Air France. Cette formation est actuellement suspendue, sa date de reprise est inconnue à ce jour. La compagnie aérienne, actuellement dans une phase de restructuration sévère, a gelé toutes ses embauches.

Par ailleurs, pour ceux qui rêvent d’aventure ils peuvent tenter leur chance au Canada et aux États-Unis. La formation y est nettement moins chère et l’apprentissage de l’anglais plus facile. Les seuls bémols : l’obtention du visa et la reconversion de la licence une fois de retour en France (procédure longue et coûteuse).

Salaire et avantages


La rémunération dépend de la compagnie aérienne et du type d’avion piloté. En France, un OPL sur une petite compagnie touche un salaire proche du SMIC, un OPL moyen-courrier chez Air France gagne près de 45 000 euros par an à l’embauche et un CDB long-courrier chez Air France gagne environ 150 000 euros par an en fin de carrière.

Évolution


Un officier pilote de ligne peut évoluer vers un poste de commandant de bord. Cette évolution, qui dépend de chaque compagnie aérienne, comprend une qualification sur simulateur et une adaptation en ligne. Chez Air France, par exemple, les évolutions dépendent de l’ancienneté et de l’expérience. Tout au long de sa carrière, le pilote a la possibilité d’évoluer dans des domaines complémentaires au vol : le suivi technique, la sécurité des vols, l’instruction, le management…

Autres Appellations


• Copilote,
• l’officier pilote de ligne,
• Commandant de bord.