APPI mise sur la formation

Claude Bigeon
22/10/2019 | 1355 mots | AEROCONTACT | INDUSTRIE TECHNOLOGIE
APPI mise sur la formation © Romy Dormey, Responsable RH et Formation chez APPI. Ph. Coll

APPI pour Aero Production Piste Interim a été créée en 2008 à Rungis. Dirigée par Franck Saul, cette PME de passionnés est pilotée au quotidien par Roland Schach, le Directeur des opérations qui peut compter depuis un an sur Romy Dormey, la Responsable RH et Formation qui accompagnait auparavant cette structure au sein de l’OPCA FAFTT. Double interview avec Roland Schach et Romy Dormey pour mieux comprendre le fonctionnement et les enjeux d’APPI.

Aerocontact : Quelle est l’activité d’APPI ?
Roland Schach : Nous sommes une agence d’emploi spécialisée dans le domaine de l’aéronautique technique, c’est-à-dire la fabrication des éléments d’avions, les ensembles et les sous-ensembles et dans la maintenance. Nous avons entre 350 et 400 personnes qui travaillent dans ces domaines pour les avions et les hélicoptères. Les profils que nous proposons sont assez larges, du CAP à l’ingénieur. Quand on regarde la liste des métiers au sein d’APPI, les plus représentés sont les ajusteurs monteurs structure, les mécaniciens avions avec ou sans QT B1.1, B1.3, les électriciens mécaniciens B2 et câbleurs, les techniciens méthodes, les contrôleurs structures et électroniques, les chaudronniers, les logisticiens, les acheteurs, les peintres aéronautiques.

Quelles sont vos spécificités ?
R. S. : Nous sommes une structure de taille intermédiaire en perpétuelle recherche d’efficacité. Nous avons la culture de l’aéronautique que les majors de l’intérim n’ont pas. Nous sommes spécialisés dans le domaine technique de l’aéronautique, ainsi nous connaissons bien nos clients et les intérimaires. Depuis 2008, date de notre création nous avons su fidéliser et monter en compétence. Nous investissons beaucoup dans la formation. Ainsi fin 2018, nous avons formé 30 ajusteurs structure à Paris, Marignane et Bordeaux. Nous finançons, par exemple,  des formations QT qui permettent aux mécaniciens B1.1 de pouvoir intervenir de manière autonome  l’avion.  Il faut souligner que dans notre secteur la formation continue est primordiale.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans le recrutement ?
R.S. : C’est le manque de personnel formé, ou très peu formé. Les métiers techniques attirent moins de candidats. Pourtant, les métiers ont évolué. L’outillage est plus léger, ergonome, il n’y a pas besoin de force physique. Les femmes peuvent aussi y faire leur place car elles sont rigoureuses, ponctuelles et plus soigneuses.

Comment palliez-vous aux difficultés de recrutement ?
R.S. : Nous avons essayé d’aller chercher des compétences dans la filière automobile, mais ce n’est pas le même modèle, ni la même philosophie. Les cadences ne sont pas les mêmes. En revanche, dans les métiers où il y a de l’usinage, les profils sont les mêmes, hormis les contraintes de qualité plus importantes dans la filière aéronautique. Nous participons au Semaines de l’industrie chez Pôle emploi, à des salons, des carrefours de l’emploi à Paris. Nous sommes partenaire d’Aerocampus (Bordeaux), de l’AFMAE à Bonneuil, le CFA des métiers de l’aérien en région Parisienne, l’AFPI (Istres). Nous mettons en place un accord sur la durée de la prestation avant embauche. Depuis, trois, quatre ans, nous faisons de plus en plus de placement en CDI auprès des clients, à leur demande. C’est un marché porteur. Depuis plusieurs années, on constate aussi que nos clients vont chercher des mécaniciens avions dans les pays d’Europe de l’Est.

Quel est votre plan d’action à court, moyen et long terme ?
R. S. : Nous sommes en pleine réflexion. Depuis trois ans, nous avons une croissance de plus 25%. Avec nos clients, nous réfléchissons aux futurs métiers et leurs formations, car les métiers changent, nous allons vers l’usine 4.0. Nous savons que l’évolution est là. Mais, il y a aussi des enjeux qui nous dépassent comme la formation de base délivrée par l’Education nationale.

Votre arrivée au sein d’APPI répond à quels enjeux ?
Romy Dormey : Il y avait un besoin en ingénierie de formation et la politique RH par rapport aux salariés intérimaires. L’idée est aussi de créer de la compétence sur de territoire où nous manquons terriblement de ressources, par des projets montés avec des partenaires de l’emploi. La branche du travail temporaire a des obligations en matières d’investissement formation supérieures aux dispositions légales, mais compte tenu de nos enjeux, nous allons au-delà des obligations conventionnelles.

Qu’est ce qui est le plus important en termes de formation ?
R.D. : Nous ne consacrons pas l’ensemble de nos efforts dans les formations dites réglementaires. Tout l’intérêt réside surtout dans le montage de projets de formation métier avec des agences Pôle emploi et des Missions locales. En Ile-de-France et à Bordeaux nous avons mis en place des CQPM ajusteurs monteurs en lien avec des contrats longs de six à neuf mois en intérim, pour répondre à des besoins de clients.

Quelles sont les compétences recherchées ?
R.D. : On va chercher des gens avec des aptitudes manuelles, de la dextérité, mais aussi des savoir être en lien avec la filière aéronautique, c’est-à-dire, le respect de la hiérarchie, la rigueur, l’organisation et une bonne communication. Ainsi, en 2018, nous avons formé un ancien boulanger et une ancienne coiffeuse au métier d’ajusteur monteur de structure d’aéronef.

Quels sont les profils les plus recherchés ?
R.D. : Mécaniciens avec ou sans QT, ajusteurs, câbleurs, contrôleur qualité, support technique et nous avons de plus en plus de demandes de poste de cadre de type chef de projet.

Est ce que le passage par un poste en intérim aboutit forcément sur un CDI ?
R.D. : Non, cela dépend du poste et du client. L’intérim peut aussi être un choix pour certains salariés et pour d’autres un tremplin vers l’emploi pérenne.

Si vous faisiez le bilan, un an après votre arrivée chez APPI ?
R.D. : Je venais pour l’aspect RH, mais je me suis aussi bien impliquée dans le business pour lequel, les RH sont une fonction support. J’ai pu aller chercher des fonds pour accompagner les projets individuels de nos salariés intérimaires (ex : QT) mais également pour répondre aux besoins collectifs de nos clients (CQPM AMSA).


Propos recueillis par Claude Bigeon

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